Références à 1848



Pour se faire une idée, le rapport entre 1848 et 1870 correspondrait pour nous - 2024 - à la "révolution de 2002". 





Le déroulement du 4 septembre 1870 concernant la partie 1 (le gouvernement de la défense nationale) comporte la révolution de février 1848 , la seconde république, le coup d'état de Louis-Napoleon Bonaparte en décembre 1851. 


Ce 4 septembre 1870 (partie 1) va à la fois reprendre à partir de décembre 1851, et effectuer un simulacre de février 1848. 



Retour vers 1851


En 1852 devaient avoir lieu les fameuses élections présidentielles de 1852. La loi restreignant la présidence à un seul mandat, Louis-Napoléon Bonaparte ne pouvait pas se représenter. (En 1851, il se pose en défenseur du suffrage universel, attaquant la loi Thiers / Baroche du 31 mai 1850 qui le restreignait, avec l'objectif de changer la loi restreignant le mandat présidentiel.) Il effectue finalement un coup d’État, aidé par son demi-frère, le duc de Morny, orléaniste.

En décembre 1848, Adolphe Thiers aurait pu être le candidat du "Parti de l'Ordre" pour les élections présidentielles. Finalement, Louis-Napoléon Bonaparte a été choisi par cynisme envers le suffrage universel (dîne chez Thiers le soir de l'élection). En 1852, c'était son tour. En 1871, il accèdera à la fonction après les élections législatives de février.

Il est l'une des personnalités politiques emprisonnées lors du coup d'état de 1851. Dans la séance du 4 septembre 1870 au soir, il menace les députés de prison en évoquant sa détention à Mazas lors du coup d'état. 

Ce coup d'état est souvent relaté d'un point de vue républicain, mais les principales victimes politiques en place étaient des conservateurs. Après juin 1849 (cf Oudinot, expédition de Rome), que restait-il comme républicain?

Le coup d'état de 1851, c'est surtout conservateurs contre conservateurs. Par des militaires d'Algérie, comme Thiers l'aurait voulu en 1848, mais contre lui (Saint-Arnaud, Canrobert etc). Puisque conservateurs contre conservateurs, des opposants sont conservateurs. Dans l'armée, le général Oudinot (mais décédé avant 1870), le général Le Flo (du parti de l'ordre, deviendra ministre de la guerre en 1871, car il était opposant au coup d'état en 1851). 

Beaucoup de lois reprennent de 1849. 


La république que défend Thiers est évidemment la république conservatrice de 1849-51. Sous la Monarchie de Juillet, Thiers était gigantesquement anti-républicain.


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Simulacre de février 1848


Contrairement à la révolution de 1830, guerre civile de 3 jours (les "3 glorieuses") contre un pouvoir en place résolu à se battre (Restauration, Charles X), la révolution de février 1848 a été peu violente. Elle aurait pu l'être beaucoup plus, Thiers ayant proposé à Louis-Philippe de se retirer de Paris afin de revenir en force avec Bugeaud et 50.000 hommes, mais Louis-Philippe s'est comporté à contre-courant : excessivement inflexible lorsqu'un peu de leste aurait évité le mécontentement, excessivement défaitiste lorsque ce mécontentement s'est manifesté. (En accédant à la fonction de chef du pouvoir exécutif en février 1871, Adolphe Thiers va enfin pouvoir réaliser cette action.)


Le 25 février 1848 est probablement le pire moment de la carrière politique d'Adolphe Thiers, et le fait qu'il orchestre le 4 septembre 1870 à l'assemblée anéanti tout lien réel. 
Le simulacre du 4 septembre tend vers l'instauration d'un gouvernement via les députés de la Seine (dont fait partie Thiers) similaire au gouvernement provisoire de 1848, avec les clés, sans assemblée, par simple proclamation sur un balcon. (avec Trochu chef du gouvernement, un peu à la Cavaignac post juin 48)

La similitude 48 - 70 serait l'absence de violence, encore plus marquée le 4 septembre (mais résultant en partie de la guerre, Napoleon III étant prisonnier à Sedan, une forme de violence s'y trouve. La guerre arrivera ensuite jusqu'à Paris). 


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Quelques éléments concernant 1848 qui résonnent d'une manière ou d'une autre avec 1871



Les mesures du Gouvernement provisoire de février 1848

L'instruction primaire gratuite et obligatoire pour les filles et les garçons. 

La commission du travail, dite commission du Luxembourg. 

Le suffrage universel. 

L’abolition de l'esclavage. 


Une seule va tenir : l'abolition de l'esclavage, 1/ déjà prévue, préparée depuis 1845, suivie de contrats de travail obligatoire 2/ correspondant à l'esprit colonialiste des républicains modérés. 

Les autres (instruction primaire et travail) seront anéanties par l'une d'entre elles : le suffrage universel au sein d'un régime représentatif, qui ramènera les conservateurs au pouvoir, qui restreindront d'ailleurs le suffrage (mai 1850). 

/absurdité de concevoir le suffrage universel comme un aboutissement. Ledru Rollin. Profonde méconnaissance de la Révolution. Aucune notion de la démocratie.

Les élections législatives d'avril 1848 - et les tentatives de les retarder en mars - sont le moment crucial de la fin de la révolution de février 1848. 

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Le 15 mai, une pétition en faveur de la Pologne est portée devant l'assemblée, qui avait interdit les pétitions. Un hurluberlu en appelle à l’insurrection. Les pétitionnaires sont considérés comme séditieux et emprisonnés, dont Raspail - qui avait fait proclamer la république le 27 février. (Bien comprendre que le 15 mai, Raspail emprisonné (pour plusieurs années), la révolution est terminée. La révolution de 1848 a été une défaite très rapide (dès les élections d'avril), déjà consommée en mai, l'utilisation "printemps des peuples" comme référence positive tend à l'ignorer  (France, Autriche, etc)). 


Après le 15 mai 1848, les "progressistes" sont exclus de la garde nationale. Le républicain conservateur Clément-Thomas en devient le commandant. Il le sera lors de la guerre civile de juin. 

Nous verrons qu'après une véritable insurrection qui a échoué le 31 octobre 1870, Clement-Thomas deviendra à nouveau commandant de la garde nationale. Grosse référence à 1848. (C-T fut malgré lui protagoniste du 18 mars 1871). 


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La question du travail va aboutir à une guerre civile de 3 jours à Paris en juin 1848. 


L'assemblée élue en avril 1848 n'a aucune intention de reconsidérer la relation au travail. La commission du Luxembourg est supprimée, Louis Blanc devra même s'exiler.

Les ateliers nationaux ne sont pas importants. C'est un système basique d'assistanat, initiative qui ne provient pas de la commission du Luxembourg. Mais il ne reste plus que ça. Leur fin signifie la fin. 

Guerre civile marquée idéologiquement. Moment où les républicains modérés rejoignent les conservateurs orléanistes et légitimistes. Armée et garde nationale conservatrice. Comme en mai 1871, des militaires algériens. Cavaignac. Négrier s'y fait tuer. 


En septembre 1848 sera débattue la question du "droit au travail" à l'assemblée; Après juin, en état de siège, à des années lumière de mars. Félix Pyat est à côté de la plaque dans son intervention, ce que lui fait remarquer Proudhon, déclenchant une provocation en duel pathétique. 



En juillet 1848, Proudhon porte devant l'assemblée la question de ~ l’impôt sur le revenu, l'un des principaux projets républicains pré 48 (qui aurait dû être sur le tapis depuis la révolution de février, (/Garnier-Pagès, également membre du GDN en 1870)). Le rapporteur de la commission des finances est alors … Adolphe Thiers (qui avait voulu massacrer Paris en février, dont on venait de quitter les lois de censures, est resté éligible... (sans succès en avril, finalement élu aux élections complémentaires de juin)). Il aborde la question des impôts (voir ses discours à ce propos sous la monarchie de Juillet) en déviant le sujet sur Proudhon contre la propriété, qui tombe dans le panneau en répondant davantage à l'attaque personnelle et au sujet de la propriété que sur les impôts. 

Ordre du jour adopté par l'Assemblée (journal des débats 1er aout 1848) :
« L'Assemblée Nationale considérant que la proposition du citoyen Proudhon est une atteinte odieuse aux principes de la morale publique, qu'elle est une violation flagrante du droit de propriété, base de l'ordre social, qu'elle encourage la délation et fait appel aux plus mauvaises passions. Considérant en outre que l'auteur a calomnié la révolution de Février en voulant la rendre complice des théories qu'il est venu développer à la tribune, Passe à l'ordre du jour. »
Au scrutin de division, deux voix seulement ont protesté contre le vote unanime de l'Assemblée. Il y avait 693 votants

Il est évidemment aberrant que ce soit à Proudhon d’amener l'une des mesures phares des républicains.

Thiers publiera son discours sous le titre "De la propriété" (sur lequel nous reviendrons). 



Elections présidentielles de décembre 1848.  Candidats :

Louis-Napoleon Bonaparte, candidat du parti de l'ordre (monarchistes orléanistes et légitimistes). 

Cavaignac, républicains conservateurs. 

Ledru-Rollin, républicains "radicaux"

Lamartine, inconséquent.

Changarnier, frange de droite des monarchistes légitimistes

Raspail. Extrême gauche. Alors emprisonné, sa candidature représente l'opposition au principe même de président de la république.  


Pour l'anecdote, Charles Delescluze provoquera également Proudhon en duel, car il appelait à voter Raspail plutôt que Ledru-Rollin. 


LNB élu. Son ministère composé du parti de l'ordre. Décembre 1848. 

(devise du parti de l'ordre : l'ordre, la propriété, la famille.)



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