Révolution du 4 septembre (2) - le Comité central des 20 arrondissements - le 31 octobre
Comité central républicain des 20 arrondissements, clubs, presse, l'après 4 septembre 1870 est cependant une véritable période post-révolutionnaire. Rendue singulière par la guerre et le siège de Paris.
Ce qui va être créé dans ces alentours du 4 septembre, notamment par des gens proches de l’Internationale, constitue le caractère révolutionnaire qui persiste encore en 1871.
C’est à partir de septembre 70 que le terme Commune de Paris est souvent employé, pour diverses raisons. De façon intègre. (Lors du « second siège » imposé en 1871, le caractère fédéraliste du terme n’est pas du tout intègre (exemple blanquistes ultra-jacobins au début de l’année).)
Jean Dautry et Lucien Scheler : Le Comité Central Républicain des vingt arrondissements de Paris, 1960, Éditions sociales
https://archivesautonomies.org/spip.php?rubrique517 (pdf téléchargeable parmi la liste)
Attention, que ce soit le site, ou le livre, je vous conseille de rester vigilants en ce qui concerne le reste. L'intention ici est d'apporter des informations concernant le Comité Central Républicain des 20 arrondissements. (Entre autres exemples, sur le site, le 31 octobre est appelé « l'insurrection blanquiste » , le livre commence avec une phrase de Vallès provoquant une confusion.)
EDHIS Du 4 septembre au 18 mars.
(les
editions EDHIS sont de qualité. Le titre est néanmoins
problématique, le 18 mars n'est pas une insurrection).
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68580/f8.image
Des Districts
DES DISTRICTS!!!
Plus de mots, plus de phrases, plus de programmes, plus de professions de foi ; tout cela texte à mensonges, comédie dont nous n'avons, jusqu'à ce jour, payé que trop cher les frais de représentation.
Il nous faut des actes, toujours des actes, rien que des actes.
Si votre République est autre chose qu'une étiquette nouvelle, elle signifie que vous êtes le SOUVERAIN : c'est-à-dire que vous ne devez plus recevoir la loi, mais la donner ; que vous ne devez plus tout attendre de vos chefs, mais tout attendre de vous seuls.
S'il en est ainsi, la première mesure à prendre, c'est de vous constituer en souveraineté, et j'entends là vous assoir sur une base réelle, telle qu'aucune émeute, aucun coup de main, aucune révolution, ne puisse désormais vous en renverser.
Or, cette base à poser n'est pas d'invention nouvelle, nos pères de 1789 y avaient songé ; et c'est parce que les vieux Cordeliers se cramponnèrent à ce roc, qu'ils ont pu résister à la contre-révolution municipale et législative de 90 et 91, à la loi martiale, au véto suspensif, au droit de guerre donné alors aussi à un pouvoir conspirateur, au massacre de Nancy, prélude du massacre du Champs-de-Mars ; et finalement fonder la République du 21 septembre 1792, au lendemain même du triomphe de Valmy, au lendemain de ce combat gigantesque qui chassa les Prussiens du territoire avec une poignée de patriotes.
Et vous aussi, vous les chasserez demain, si vous savez dès aujourd'hui prendre la mesure de salut public que Danton considérait comme le palladium de la liberté.
Cette mesure, c'est l'institution des districts, à Paris d'abord, puis dans toute la République.
Nous disons institution, citoyens, pour vous apprendre d'un mot, que ce n'est pas d'un moyen de circonstance qu'il s'agit, mais d'une mesure dont vous n'aurez jamais à vous départir, si vous voulez, si vous savez être libres.
Ne perdons pas de temps à vous décrire ce que c'est qu'un district ; fondons-les [...] p2
Effectivement, c'est en 1789-90 avec (entre autres) les cordeliers, au sein de la problématique du plan de municipalité, que va se jouer la grande question de la permanence des districts. Danton est d'une certaine manière doublement concerné (1789 avec les cordeliers, 1792 avec la guerre), mais pose problème par l’immiscion de la guerre dans cette question. 1792 n'est plus la question du plan de municipalité. C'est un problème pour l'intégrité de la problématique des districts, qui n'a certainement pas besoin de la guerre, au contraire. C'est pourtant la situation dans laquelle ils sont en 1870, une révolution qui intervient au cœur d'une guerre (mal embarquée qui plus est).
Sigismond Lacroix [division 90] nous introduit au plan de municipalité et à la permanence des districts.
Sigismond Lacroix "Actes de la Commune de Paris pendant la Révolution française".
Série 1, Tome 4 - du 05 02 1790 au 14 04 1790 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k491305.r=
Ce qu’ont créé les gens de l’Internationale s’est fait phagocyter, concurrencer, par un mouvement relié à la garde nationale.
Je ne suis pas encore capable de transmettre correctement les
alentours du 8 octobre.
A
priori, un événement se préparait, Flourens l’a entravé en
le précédant, se faisant élire « major du
rempart » à l’occasion.
Il
me faut encore démêler des problèmes de dates, de récits
contradictoires ou confus. Des extraits de journaux sont instructifs,
mais prêtent à confusion et je suis réticent à les partager
pour l’instant.
Quand
même aborder ici la stupidité du pseudo-militarisme de certains
blanquistes comme Flourens (ou Eudes). A la fois dans leurs prétentions, dans
l’état d’esprit, et dans leur incompétence. Aussi
la grande tare des légendes personnelles.
Quelques protagonistes du CCR20arr au Père Lachaise - Charles-Louis Chassin [division 92], Longuet [92], Lefrançais [76], Malon [76], Vallès [66], Theisz [79] (la « minorité » de la Commune élue).
Le 31 octobre 1870
Conjonction Bourget – Metz - armistice.
Avec la bataille du Bourget, Paris a constaté que quand bien même des initiatives spontanées parvenaient à progresser, elles ne seraient pas soutenues par les dirigeants. Il n'y avait plus d'autre choix que de s’occuper des dirigeants (Trochu, le Gouvernement de la Défense Nationale).
L'annonce de la reddition de Bazaine à Metz a amplifié la chose.
L’insurrection du 31 octobre 1870 était inéluctable. Tout Paris était en accord avec cette idée.
Flourens par ses actes, puis Blanqui par sa présence (et inaction) vont réussir à faire capoter l'insurrection immanquable. Il faut mesurer la gigantesque différence entre leur prétention d'insurrectionalité et leur talent inversé de neutraliser.
L'histoire est aujourd'hui (mais depuis cette époque) perçue totalement à l'envers, comme si l'insurrection venait de Flourens et Blanqui. Non, l'insurrection est parisienne, les gardes nationaux conservateurs n’interviennent pas car il est évident que les chefs ne sont pas à la hauteur, que ce soit par incompétence ou malhonnêteté. Blanqui et Flourens ont fourni le prétexte à une réaction, avec conservation de Trochu GDN + victoire conservatrice, Clement-Thomas commandant de la garde nationale (cf mai 1848), préfet, etc.
Flourens
par ses simagrées, son accaparement de l'événement (dans son style
de considérer que cela lui est dû (cf Collège de France et
népotisme par son père)) fait exactement ce qu'il ne faut pas faire
: discours sur l'emprisonnement des ministres donnant un caractère
autoritaire/caricatural, tout en les laissant s'enfuir. Vampirise,
paralyse,
aliène
le mouvement. (On peut aussi regretter que les autres se soient laissés intimider par sa clique, leur manque de courage a une part de responsabilité.)
L'arrivée de Blanqui (qui n'a en rien causé l'insurrection) servira de prétexte à Picard pour rallier les gardes nationaux conservateurs (comme il avait servi de prétexte en mars 1848 lors des manifestations cruciales pour le report des élections). Blanqui joue à l’exécutif, nomme des préfets. Mais oublie de défendre l’Hôtel de Ville. Non seulement ils n'ont pas généré l'insurrection, mais ne l'ont pas consolidée ni défendue une fois confisquée. Dans la nuit, ils quitteront l’hôtel de ville sans combattre, en se faisant promettre la sécurité.
Cela permet aux conservateurs de lancer un référendum opposant GDN et Blanqui/Flourens faisant office d’épouvantail, ce qui leur donnera une légitimité qu'ils n'avaient pas le 4 septembre, puis encore moins avec leur gestion de la guerre.
En résumé
Le 31 octobre, Paris s'insurge contre le gouvernement.
Ceux qui jouent à s'insurger sans y parvenir d'habitude s'accaparent l'événement et permettent au gouvernement de se sauver, même de se consolider - réferendum , Clément-Thomas, préfet, élections).
Le troisième facteur du mécontentement le 31 octobre était Adolphe Thiers devant rencontrer Bismarck pour lui proposer un armistice.
Je traiterai de cette question importante ailleurs. Ils se rencontreront à Versailles, au moment même de l’insurrection du 31 octobre. Cela a eu des incidences sur la suite.
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Affiches d'époque
Murailles politiques Claretie https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5446507j/f6.image